Qu'est-ce qu'une hermine ?

L'hermine, Mustela erminea, est un petit carnivore de la famille des mustélidés, proche parente de la belette et du putois. Le corps mesure 17 à 32 centimètres, la queue 4 à 12 centimètres, et le poids va de 80 à 320 grammes. Le mâle est nettement plus grand que la femelle, un dimorphisme sexuel très marqué dans ce genre.

Deux détails la trahissent à coup sûr. La queue se termine par un pinceau de poils noirs, visible en toute saison. Et dans les régions froides, le pelage brun roux du dos vire au blanc pur à l'automne, ce qui donne la fourrure appelée hermine. Ce blanchiment est commandé par la baisse de la photopériode, relayée par la mélatonine, et non par le froid lui-même.

Un petit prédateur

L'hermine chasse surtout des micromammifères : campagnols, mulots, musaraignes. Elle s'attaque aussi à des proies bien plus lourdes qu'elle, lapin de garenne ou jeune lièvre, qu'elle tue d'une morsure à la nuque. Les oiseaux nichant au sol, leurs œufs et quelques amphibiens complètent le régime.

Son corps très allongé et son crâne étroit lui ouvrent les galeries de campagnols, où elle poursuit ses proies sous terre ou sous la neige. Cette morphologie a un prix. Le rapport entre la surface du corps et son volume est défavorable, les pertes de chaleur sont fortes, et l'animal ne dispose d'aucune réserve de graisse. Il doit donc consommer chaque jour près du quart de sa masse et chasser par sessions courtes, de jour comme de nuit, entrecoupées de repos dans un terrier repris à ses victimes.

La reproduction repose sur la diapause embryonnaire. L'accouplement a lieu en été, mais l'œuf fécondé reste au stade blastocyste et ne s'implante qu'au printemps suivant. La gestation apparente ne dure alors que 4 semaines environ, pour une portée de 4 à 9 jeunes. L'espérance de vie dépasse rarement 2 ans en milieu naturel.

Différence entre l'hermine et la belette

La belette, Mustela nivalis, est l'espèce avec laquelle la confusion revient le plus souvent. Le critère le plus sûr reste la queue. Celle de l'hermine atteint environ le tiers de la longueur du corps et se termine toujours par un bouquet de poils noirs. Celle de la belette est courte, 2 à 6 centimètres, entièrement fauve, sans extrémité sombre.

La taille sépare aussi les deux espèces. Une belette pèse de 30 à 130 grammes, soit souvent 3 à 4 fois moins qu'une hermine mâle. La limite entre le dos brun et le ventre clair est irrégulière et découpée chez la belette, alors qu'elle dessine une ligne nette et rectiligne chez l'hermine.

Le pelage blanc n'est pas un bon critère. En plaine, la belette garde sa robe fauve toute l'année et l'hermine ne blanchit que partiellement, souvent par plaques. La livrée entièrement blanche s'observe en montagne et dans le nord de l'aire de répartition. Enfin la belette, plus fine, exploite des galeries plus étroites et dépend davantage des campagnols des champs, quand l'hermine élargit son spectre de proies.

Où trouve-t-on des hermines et pourquoi sont-elles connues ?

L'aire de répartition est holarctique : Europe, Asie septentrionale, Amérique du Nord jusqu'aux marges de l'Arctique. L'espèce a été introduite en Nouvelle-Zélande dans les années 1880 pour contenir les lapins. Elle y est devenue un prédateur redoutable pour les oiseaux endémiques et figure aujourd'hui parmi les espèces envahissantes les plus problématiques de l'île.

En France, l'hermine occupe la plus grande partie du territoire. Elle recherche les milieux ouverts structurés par des haies, les lisières, les prairies humides, les éboulis et les alpages, où elle monte jusqu'à 3000 mètres. Elle se raréfie sur le pourtour méditerranéen. Ses effectifs suivent les cycles d'abondance des campagnols et reculent avec l'arasement du bocage, la disparition des bandes enherbées et l'usage des rodenticides anticoagulants, qui remontent la chaîne alimentaire.

Sa notoriété tient à sa fourrure d'hiver. Blanche, dense, ponctuée par la pointe noire de la queue, elle a servi pendant des siècles à border les manteaux royaux, les robes de magistrats et les costumes académiques. Ce montage a produit une figure héraldique, la moucheture d'hermine, qui reproduit ces pointes noires cousues sur fond blanc. C'est par ce chemin, et non par sa présence sur le terrain, que le petit mustélidé est devenu un emblème, en particulier celui de la Bretagne.